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Moi, je pense souvent au personnage de la Princesse de Clèves. Il m’habite, il fait partie de ma vie, comme quelques autres venus de la même sphère littéraire si inutile aux yeux des sarkozys. Et les gens, qui vivent avec au coeur de leur existence des livres, des oeuvres d’art, des choses produites par l’imaginaire de leurs prédécesseurs, que ce soit hier ou il y a 5 000 ans, ont la tâche de servir pour d’autres de passeurs, vers ces textes ces musiques, ces tableaux qui font vivre.
C’est une des tâches de l’école, ce n’est pas la seule, elle n’incombe pas qu’à l’école. Mais beaucoup d’adolescents n’entendront jamais parler de la Princesse de Clèves, de Rastignac ou de littérature si on ne leur en parle pas à l’école.
C’est regrettable, d’une certaine façon, que des oeuvres qui portent en elles des forces d’étonnement, des forces explosives, soient ramenées au rang du savoir acquis sous la contrainte et découpées en sujets d’examen. C’est un moindre mal. C’est leur seule chance de rencontrer les esprits de la plupart de nos contemporains. Et dans l’ennui d’un cours, d’années de cours au fil desquels peut persister le sentiment de ne rien comprendre à Racine, à Balzac, des tas d’infimes et d’indicibles choses se passent, du temps passe. On prend du temps. Quoi qu’on en pense, on pense. On pense à autre chose, on regarde les mouches voler, mais on entend aussi que ces trucs-là existent. Et si ce n’est pas pour tout de suite, on y reviendra peut-être un jour parce qu’on sait que ça existe. A côté des matières qui servent à réussir dans la vie, de tout cet efficace pour vendre de la marchandise, de l’idéologie, des idées pas chères, des rêves de stars. On entrevoit en buttant sur des vers de Mallarmé, de Rilke, qu’il y a du plus compliqué, pas forcément marrant ou séduisant au premier abord, à quoi des gens qui font pour certains l’objet d’admiration , ont voué leur existence, renonçant à tout pour ce seul truc inutile en termes sarkoziens qu’ils étaient en train de fabriquer sans savoir le moins du monde ce que ça produirait comme effet et sur qui.
We’re young. We’re supposed to drink too much. We’re supposed to have bad attitudes and shag each other’s brains out. We are designed to party.
This is it.
Yeah, so a few of us will overdose or go mental. But Charles Darwin said you can’t make an omelette without breaking a few eggs. And that’s what it’s all about - breaking eggs. And by eggs, I do mean, getting twatted on a cocktail of Class A.
If you could just see yourselves. It breaks my heart.
We had it all.
We fucked up bigger and better than any generation that came before us.
We were so beautiful !
« Il ne faut pas avoir peur du mot » - Frédéric Lefèbvre face au reproche fait à ceux de son parti d’user trop facilement du terme “guerre” - Et tu devineras sans peine que la phrase peut s’appliquer à l’ensemble de ton œuvre : ne jamais avoir peur des mots, c’est ça le secret.
pourquoi chercher l’éternité quand le monde est drogué jusqu’à la lie. Espaces personnels vaincus, monde intérieur jeté à la décision populaire aka “le bon sens”.
abrutissement de masse perpétuel et plongée en contre-apnée, à peine si on t’y noie. tu t’y noies de toi-même mais tu ne t’en rend meme plus compte. tu n’es pas (plus) de force à lutter. passe-moi le fix et vite.
peu de conséquences. conscience relative. de toute façon, pas d’initiatives. espoir à l’horizon limité à ta déchéance collective. ensemble dans la médiocrité - seul pour l’éternité - happy birthday mister lonely.
75 années d’espérance de vie, mais à espérer quoi au juste?
“raconte-moi l’époque où tu n’avais qu’un méga de mémoire vive”
such a fool in a beautiful bad world. but the sky is so blue and I dont take care.
Trente ans. Dix pour te donner peur de l’avenir, instiller la crainte du chômage, pour te faire baisser les yeux et comporter en parfaite éponge salariale, ne pas déplaire surtout, obéir, travailler, travailler encore. Dix autres pour te donner peur de tes semblables, nous séparer, répartir en tant de petites cases - arabes, jeunes, banlieusards, précaires, noirs, chômeurs…- , exclus à étiquettes individuelles, chacun la sienne et pas de combat commun, de classe ou de front uni. Et les dix dernier pour te donner peur de l’univers, le tout proche et le tout lointain, angoisse répandue sur toutes choses, menaces à l’autre bout de la planète ou de l’autre côté du périphérique, malaise, la haine qui grimpe, grimpe, sans qu’on sache si elle va s’arrêter un jour.
C’est comme ça : un jour, tu te réveilles entourés de dangereux cons. Eux ne l’ont pas tous toujours été, gens qui changent au gré des fils tirés pour faire accroître les rancœurs et les angoisses, sortes de marionnettes avec un libre arbitre à périmètre très limité, gens qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez à force qu’on leur souffle dedans ;
[ essai complet de JBB. Merci. ]
J’sais pas où l’on va
Mais l’important c’est de rêver
Mais souvent on prend les rêves de ce que l’on nous donne
On ne nous donne pas grand chose
Pour nous amener à la réflexion
